
Parmi les cinquante plus grands hôpitaux de France, le Centre Hospitalier Intercommunal nord-Ardennes compte depuis peu parmi les adhérents du marché « DMI pour prothèses, ligamentoplastie, ostéosynthèse, rachis et crânio-maxillo-faciale ». Valérie Prinet, directrice des achats de l’établissement et du GHT, ainsi que Benoît Bertin, acheteur, expliquent les (bonnes) raisons de ce nouveau choix stratégique.
Hôpital de référence des Ardennes avec 1 450 lits et places, 60 000 séjours, près de 30 000 actes opératoires et quelque 3 200 agents, le Centre Hospitalier Intercommunal nord-Ardennes (CHInA) affiche 93,9 millions d’euros d’achats annuels, hors ressources humaines. Quelle part y représentent les dispositifs médicaux stériles, et en quoi ce segment est-il stratégique ?

Valérie Prinet : Fusion de 4 établissements du territoire en 2020 et établissement support du GHT nord-Ardenne (comprenant le CHInA, le CH Belair, l’EHPAD de Recroi et les EHPAD du CCAS), le CHInA a consommé 4,5 M€ de Dispositifs Médicaux Implantables et consommables associés en 2024, soit presque 5 % du budget achat global. En valeur financière comme sanitaire, il s’agit donc bien d’un segment essentiel des achats, à l’importance cruciale pour les prescripteurs et la qualité de soins portés à nos patients.
Alors justement, votre établissement a récemment choisi d’adhérer au Resah pour les DMI d’orthopédie. Pourquoi ?
Benoît Bertin : Déjà prolongés pour cause de crise sanitaire, nos marchés en la matière devaient être relancés en 2022 pour une mise en place en mars 2023. Or, l’offre proposée par le Resah sur ce segment garantissait à l’évidence une commande simplifiée, bien plus rapide et sécurisée que si nous décidions à nouveau d’assumer seuls l’ensemble de la procédure. Et je dois dire que cette plus-value s’est davantage affirmée encore depuis que la centrale d’achat a reformulé ce marché en le scindant en deux. Ainsi, à l’accord-cadre initial, multi-attributaires à marchés subséquents, une double procédure se substitue aujourd’hui, qui ouvre sur un recours au catalogue en « second rideau » si, pour des raisons techniques, le besoin n’a pas trouvé satisfaction dans le « choix Resah » issu de la démarche concurrentielle.

Quels sont donc, à vos yeux, les avantages de ce nouveau dispositif au regard de l’ancienne offre ?
Benoît Bertin : La liste est plutôt longue, à commencer par la richesse de ce marché au sein duquel, rien que sur le secteur ortho et pour le marché concurrentiel, se déclinent plus de 39 lots et 120 000 références avec leurs accessoires d’aide à la pose et prêt d’ancillaires. Il y a aussi la sécurisation du process, quasi-impossible à obtenir en interne, surtout en l’absence de département expert. Enfin, pèse également l’option « raisons spécifiques » qui, là encore en toute « sérénité » juridique, autorise la prise en compte de contraintes liées au soignant, au patient ou à l’équipement lorsque le choix du DM s’avère dépendant d’un contexte particulier. Mais en combinant deux accords-cadres mono-attributaire à bons de commande, c’est sans doute le gain de temps qui se révèle une fois de plus l’atout majeur de cette nouvelle « mouture » puisqu’il n’y a plus qu’à se positionner sur le lot final ! Même si la part de gestion administrative a cru de manière significative pour les agents chargés d’identifier et quantifier les commandes au sein de tableaux dénombrant plus de 100 000 références, ce nouveau procédé se traduit en effet par des dizaines d’heures de sourcing et d’analyse en moins pour les pharmaciens, désormais en capacité de se recentrer sur d’autres missions.
J’imagine que ces atouts riment avec coût… À combien s’élèvent vos frais d’accès aux prestations de service d’achat centralisé du Resah ?
Valérie Prinet : Outre l’adhésion à la centrale, dont le montant est fonction de notre typologie – soit 600 euros annuels pour un établissement de santé – nous nous acquittons d’un droit d’accès de 5000 euros par procédure engagée (choix Resah ou raisons spécifiques) et par année d’exécution, quel que soit le nombre de lots passés. Cette contribution, qui relève d’un barème forfaitaire dont les tranches dépendent du budget de l’établissement (Titre 2), peut – certes – sembler un peu élevée ; mais elle se voit en réalité largement compensée par le temps gagné et le service apporté. Sans oublier qu’elle constitue aussi une forme d’assurance contre les recours !
Nous sommes donc face à une « formule» dont les gains, loin de se limiter à des tarifs plus compétitifs, englobent une « expérience d’achat » plus globale ?
Valérie Prinet : En effet, le service ne s’arrête pas à l’amont de la publication (travail d’analyse, de notification…), mais se poursuit tout au long de l’exécution du contrat, par la mise à jour des références, le complément de gamme ou encore l’éventuelle modification de prix, au titre de la Liste des Produits et Prestations Remboursables… Et même si le Resah s’est parfois retrouvé victime de son succès, ses experts sont toujours disponibles en cas de besoin, en visio ou en « live » via ses ambassadeurs présents en région pour assurer le lien de proximité.





